Association  FRERES DE LA TERRE
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TEMOIGNAGES ETHIOPIENS

Arrivés à ADDIS ABEBA pour la première fois, nous avons été surpris par la pauvreté qui y règne, par contre accueil très chaleureux de la part de la population, très peu de touristes, les blancs faut les chercher avec des jumelles.
Première impression quand nous sommes arrivés dans le centre des Missionnaires de la Charité où nous nous sommes portés volontaires auprès des malades. Il nous a fallu 3 jours pour nous habituer à l’odeur, odeur de mort ; nous avions l’impression d’être dans un camp de concentration, les malades entassés les uns sur les autres par manque de places, 1000 personnes en permanence dans le centre, sans compter ceux de la rue qui viennent se faire soigner, avec toutes les maladies qui puissent exister (malaria, SIDA, tuberculose, lèpre, méningite, malnutrition, infirmités, handicapés,… etc), mais ils sont tous avec le sourire et te disent tous bonjour en te saluant ou en t’embrassant les mains et les pieds !

Je suis heureux d’être ici avec mes frères les Ethiopiens, je me sens bien, Michel, mon ami qui m’accompagne, aussi, il est en pleine forme malgré sa maladie de parkinson. Le projet solaire que nous étions venus mettre en place à notre dernier voyage va se réaliser, les travaux vont commencer dans quelques jours, il y aura 3000 litres/jour d’eau chaude pour les douches des malades et le lavage du linge ainsi que pour les cuisines.

Un jeune homme qui vit dans la rue court vers moi et me donne une lettre qui m’est adressée (il ne parle pas anglais). Il m’appelle son père spirituel car je lui ai promis de lui acheter un blouson. Sa lettre est poignante et m’a touché droit au cœur, il me demande de l’aide pour le sortir de la rue !
Je commence à avoir mes habitués qui me réclament à manger, alors tous les matins je leur achète du pain. Les éthiopiens sont en majorité très pauvres, mais ils ont un grand cœur et sont très fidèle en amitié.
Soyez humain et prenez dans vos bras votre frère, qu’il soit noir, blanc, jaune ou autre !!!! C’est ça l’amour, l’amour pour son prochain. Donnez lui votre cœur et son cœur vous répondra, non pas simplement, mais au centuple !!!!


Journée de soins aux malades du centre et aux êtres humains de la rue. J’ai vu des choses horribles, des plaies que nous n’avons pas l’habitude de voir en Europe, des gosses et des adultes avec des membres amputés, avec des bras ou des jambes à moitié rongés, à vif, sanguinolents, ou l’on voyait à certain, l’os, tellement les plaies étaient profondes, et il fallait quand même leur faire les pansements (âmes sensibles s’abstenir !!!!) en ne sachant même pas quelle maladie ils pouvaient avoir, SIDA, tuberculose, malaria, lèpre ? Comment peuvent-ils laisser leur plaie s’infecter et se laisser ronger tout doucement ? Il y avait un petit enfant, d’environ un an, qui avait à la place de son œil gauche, un champignon énorme qui lui recouvrait la moitié du visage, il avait un cancer. Son papa était à ses côtés nuit et jour, il le consolait, il fallait lui refaire tous les jours son pansement, difficile de supporter une telle horreur en sachant que l’espérance de vie de cet enfant est de quelques mois, ils n’ont pas les moyens d’opérer.

Journée de travail aux soins : je n’ose pas vous dire les horreurs que nous voyons tous les jours ! Nous soignons aussi les gens de la rue, qui se trouvent souvent dans un état déplorable (à tout point de vu), la misère la plus totale, la déchéance de l’être humain au plus bas, il n’y a pas de mots pour le décrire, il faut le voir de ses propres yeux, et là tu te rends compte que tous les êtres humains ne naissent pas égaux entre eux. Mais ils acceptent leur sort avec une grande sérénité et sans montrer leur souffrance, c’est cela leur force !
Nous avons soigné, Michel et moi, un petit vieux de la rue qui n’avait plus son pied gauche, juste un moignon dégoulinant de sang, il attendait pour qu’on lui refasse son pansement. Il nous regardait le soigner avec un grand sourire, il avait un visage radieux, et pourtant il devait souffrir avec sa blessure, à sa place je serai en train de hurler de douleur.
A la fin du soin, il nous a remercié.
Aujourd’hui, des gosses de la rue sont venus vers moi en me demandant des vêtements pour les rhabiller, leurs vêtements étaient des guenilles, noir de crasse et déchirés. J’ai fais leur bonheur, je leur ai distribué des vêtements que nous avions emporté, mais ici, dans la rue, tout se voit et déjà d’autres gamins arrivaient de tous côtés, mais je n’ai pas pu tous les rhabiller, je n’en avais pas assez, il en faudrait des tonnes…. !!!! Je me suis senti coupable, coupable de les laisser à leur sort injuste, coupable de tout ce que nous possédons, et eux rien, même pas une paire de chaussure et de quoi manger, coupable de ne pas être né pauvre comme eux !

Nous nous rendons à JIMA, à 300 kms de la capitale en se dirigeant vers le sud-ouest.
Nous prenons le bus, départ à 6 heures du matin, vous connaissez l’Afrique ? Prenez au moins une fois le bus, vous ne serez pas déçu du voyage, dans la chaleur, les vitres des bus en Ethiopie sont soudées, donc pas d’air, 10 heures avec un seul arrêt pour effectuer 300 kms, dans un véhicule archi plein, serrés les uns contre les autres et souvent avec des animaux, en Afrique les bus ne démarrent que quand ils sont chargés à bloc.
Arrivés à JIMA, on nous dirige directement vers les soins, la cour des miracles !!! Presque autant de malades mais avec beaucoup moins de moyens, pas de draps pour les lits des malades, pas de serviettes, manque de médicaments et de tout !!! Même scénario, des malades avec des plaies aussi horribles que ce que l’on a déjà vu, des journées éprouvantes car le seul qui m’assistait c’était Michel, mais j’ai soigné tous ces gens comme si j’avais fais cela toute ma vie, mais il y a des moments ou je n’en pouvais plus, j’avais l’impression par moment d’être dans une boucherie pour êtres humains ! Comment cela peut-il encore exister ? Pourquoi laisser crever ces gens simplement parce qu’ils sont pauvres ? Pourquoi n’ont-ils pas droit à l’éducation, à l’école, à du travail, simplement parce qu’ils sont pauvres ?

Soyez humain, et prenez dans vos bras votre frère, qu’il soit noir, blanc, jaune ou autre !!!! C’est ça l’amour, l’amour pour son prochain. Donnez lui votre cœur et son cœur vous répondra, non pas simplement, mais au centuple !!!!


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